04/05/2008

à voir...


... à force de faire le pitre, de prendre la pose, ma perception s’est modifiée... Au début, je cherchais un décor dans lequel installer ma silhouette, progressivement mon champ visuel s’est agrandi, le tableau n’était plus l’unique objet, le centre. Le mur, le sol, les angles, la salle entière participaient au spectacle, à la présentation de l’oeuvre, devenue simple point d’acroche, singularité d'un espace plus vaste... J’ai aussi remarqué les perturbations, des variations suivant ma position, l’éclairage... mais l’élément déterminant qui transformait la scène était la présence d'autres visiteurs... j’étais perdu dans cette errance quand la statue a attiré mon attention. J’ai souri, sans raison, et j’ai laissé vagabonder ma fantaisie, imaginant l’intention de son auteur, était-ce un gardien récalcitrant ? l’illustration d’un spectateur nez collé à l'oeuvre détaillant sa facture? la représentation du Coin Tranquille, ou l’amère mise en scène de notre condition, fermé au monde, coincé la tête baissée, peut-être nous indiquait-il le dernier lieu pour échapper aux images, un geste politique ou alors, une manière de nous dire : il n’y a rien à voir, vous n’existez pas, je boude, l’art est une punition ... j'en étais là de mes amusements inutiles et essentiels quand un deuxième personnage est arrivé et s'est installé sur la scène, le tableau est devenu vivant, passionnant...le début d'une histoire...


11 commentaires:

  1. Je suis content que tu le dises aussi (sans le savoir, sans doute), et plus encore que ce soit autrement ! A mon tour de me reconnaître là, dans tes mots.
    Content de pouvoir bouder un instant avec quelqu'un !

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  2. J'imagine un oeil (ou deux) derrière une caméra de vidéo surveillance, qui scrute interrogateur l'homme qui regarde la femme qui appréhende l'espace de l'oeuvre. Ou bien les yeux se détournent, vers un autre écran. Tout va bien. Il ne se passe rien.
    Et pourtant il se passe possiblement tout. De l'autre côté. Derrière. Dans l'espace vide trop grand trop libre ou cloisonné de nos imaginaires.

    (1.suis allée me ballader sur les dernières notes, et un coup de coeur pour Krakow, et quelques airs, dans la tête, de gregorsz Turnau ("Lej pamientej naprawdy nie die sie nicz y nie stanie sie nic aj do konca...")
    2. Ne crois pas que je boude:=)).

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  3. Sont folles des fois les femmes, à ne pas nous laisser tomber quand nous faisons nos petits cons.
    :)

    (c'est malin, voilà que je pense à Lettre à D., de Gorz)

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  4. Je boude avec vous... Nervé c'est pas dieu possible ce soir...

    La statue, c'est pas un peu ce qui attend Sarko si il continue d'emmerder le monde ?

    Quant à la dame, allez va, elle attend juste qu'il se retourne...
    On n'en est pas moins homme...

    Joruri

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  5. le réel s'est imposé et m'occupe à temps plein, je suis pressé de trouver un instant pour me retourner et vous retrouver... demain devrait être plus calme ;-)

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  6. Enlève la dame, c'est toute mon enfance...
    Il y a qu'au niveau des oreilles que c'est différent.


    Tiens, un jour Michaux a eu cette phrase:
    "Trouver sa vérité dans une tapisserie de mur"...

    Joruri

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  7. Varna,
    ...me reprendre et se retrouver, un programme qui me convient ;-)
    Depuis le début, les mots m’échappent et me racontent de drôles d’histoires quand je les découvre avec vous. C’est Marie Gabrielle qui, la première, m’a troublé (elle est à l’origine de l’arrêt de Dehors-dedans mais elle ne le sait pas ;-) Aujourd’hui, ce texte et ces images me paraissaient anodines et je les relis avec stupeur quand leur sens se dévoile. Ils décrivent et illustrent cliniquement ma présence ici...
    (je dis “ma présence” mais évidemment la plupart d’entre nous sont soumis à la même condition) j’ai la flemme de developper mais si quelqu’un insiste, je ferai un effort. ;-)


    elleva,
    ...une bonne surprise, ce passage. J’apprécie la qualité des liens tissés sur cette drôle de toile. C’est parce qu’ils ont de la valeur que je ne peux me résoudre à les supprimer. Je ne sais pas sur quoi ils reposent mais ils sont intenses et persistants et ça j’aime bien, je voudrais que ça dure toujours ;-)



    e-cedric
    1) même remarque que pour elle.
    2) j’ai dû rater un épisode mais ton message reste mystérieux sauf à considérer que tu me surveilles de près ( je me suis retourné plusieurs fois pour vérifier...)

    Johuri,
    Sarko n’appartient pas au même monde que moi, commme la plupart de ses contemporains d’ailleurs, des drôles d’êtres que je croise sans arriver à les reconnaître...

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  8. Johuri,
    j'ai failli te voir, on vient de se croiser !

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  9. Nan, j'disais juste que la bouderie de ce genre, c'est bien un truc de mec, pour faire le malin, ou se faire aimer.

    Les filles boudent aussi, mais c'est un peu différent.

    Je ne crois pas te surveiller de près (je ne crois pas surveiller qui que ce soit d'ailleurs, à part moi, et cette tâche est déjà immense).

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  10. Et bien moi j'arrive et je regarde vos mots.

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  11. Although we have differences in culture, but do not want is that this view is the same and I like that!
    age of conan power leveling

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