29/06/2009

Lundi

Aujourd'hui, si peu, la chaleur accable, étouffe et me tient prostré. J'erre à petits pas, d'ombre en ombre. Je répète, pour me défendre, que je suis une créature hautement perfectionnée très sensible au moindre changement climatique, et ça les fait sourire.

28/06/2009

Jour de fête



Il y a, chaque année, une journée plus longue que les autres, un jour à part, redoutable. C'est la fête de l'école. J'ai une conception particulière de ce moment. Je déteste les manifestations mercantiles, tournées vers l'agitation inutile, l'excitation stérile. Cette année, j'ai encore enfoncé le clou en supprimant le loto, le carnaval, la tombola et la kermesse. Inutile de dire qu'on m'attendait au tournant. Plusieurs fois, ils sont montés à la charge, protestations et réclamations. A chaque fois, je me suis montré intraitable, la fête de l'école ne peut pas être un divertissement consumériste, seul jour où enfin, on pourrait s'amuser, NON, désolé, je ne suis pas d'accord, et cette année, j'ai poussé le bouchon loin, atelier d'artistes, visites d'exposition, théâtre, randonnées, reportages video, classes scientifiques, géologie..., du culturel et du naturel, rien de frelaté.
Vendredi soir, c'était la présentation des travaux et ... la chorale. J'ai pris l'habitude, avec le temps, de l'animer. Je suis nul en musique, j'agite les mains au hasard, remue les lèvres sans émettre le moindre son, mais comme personne ne le sait, tout le monde y croit. Ils étaient donc tous là, les enfants devant moi, plus d'une centaine, haut blanc, bas bleu, petits et grands alignés et coiffés, bien droits, prêts, dans mon dos, les familles et sur les murs, les kakémonos flottaient. Je vous assure, ça avait de l'allure.

Kakémonos, préparation dans la cour, juin 2009

25/06/2009

Un jour comme les autres

Le travail m'érode, il m'occupe et je lui appartiens. Il me tient debout dans un rôle que je joue au quotidien, pantin articulant. Je me déplace sur la scène, déclame le texte, observant discrètement mon agitation, écoutant ces paroles étranges qui semblent sous contrôle. Souvent je me demande d'où vient ce savoir faire, ce savoir dire, précis, efficace, sérieux et clair, cette langue étrangère apprise sans méthode. Elle s'insinue en moi, me traverse, et je n'ai qu'à bouger les lèvres pour qu'elle se fasse entendre. A quoi pensent-ils quand ils répètent, encore et encore, leur texte, les enseignants, les médecins, les politiques, les marchands... Ont-ils conscience du bruit qu'ils font ? Croient-ils à leur discours bien rodé ? Il m'arrive de déraper, de perdre le fil, de laisser une phrase sombrer, la tentation du renoncement, du silence, mais, devant les regards encourageants, la machine repart, je fais comme si de rien n'était et je parle, remue et remplis le vide. Voilà.

Mes chaussettes

Depuis quelques mois, je ressens une légère tension dans les cervicales, j'entends régulièrement un craquement et je me crispe, ce qui renforce la douleur. Alors, ce matin, j'ai appelé C. pour lui demander l'adresse d'un kiné ou autre manipulateur qui pourrait me soulager. C. les connaît tous. J'ai obtenu un rendez-vous à 12H30. Je suis entré et me suis assis dans la petite salle d'attente. Je feuilletais Paris Match, les photos des familles de l'Airbus, quand une dame d’âge moyen en tunique violette est venue me chercher. Dans le cabinet, je me suis déshabillé, restant en caleçon et chaussettes, bleues avec des motifs idiots, devant cette grande glace. Je n'aime pas trop mon corps, les jambes sont bien, mais le buste m'a toujours paru trop long. Je ne me suis jamais vraiment habitué.
Je suis docile avec le personnel médical, je fais ce qu'on me dit, sans résistance. Elle m'a dit : allongez-vous, j'ai observé la table d'examen, je n'aime pas trop toucher les affaires des autres, je doute vite de l'hygiène, et pendant une bonne partie de la séance, au lieu de me détendre, j'ai d’abord pensé au nombre de personnes bancales qui s'étaient avachies ici avant moi, surtout quand, en fin de séance, j'ai dû coller ma face contre la table, sur un coussin que je n'arrivais pas bien à protéger avec le drap, soi-disant propre... J'étais là, quasi-nu sur la table, et elle me tripotait, me chatouillait, m'étirait, me caressait, me massait et je trouvais ça normal, allant de soi. Elle a ensuite installé mes pieds en hauteur dans des anneaux pour appliquer une technique dont j'ai déjà oublié le nom. Je me concentrais sur ma respiration, une inspiration complète suivie d'une expiration plus forte en gardant le menton le plus près du cou, ce qui, je le sais pour l'avoir observé dans un miroir, ne me sied pas du tout, je n'ai pas la machoire assez carrée pour supporter cette contrainte sans perdre de mon prestige. Dès que le médical s'empare de nous, nous renonçons à notre dignité et nous abandonnons sans protester ni résister. Voilà, après, en sortant, à 13h 20, j'avais faim.


( C'était hier, bien sûr)

24/06/2009

24 juin 2009



J'ai souvent eu la tentation d'arracher le masque, d'être là comme je suis, sans effet. Un sourire intérieur m'a toujours retenu et je suis resté en retrait, m'astreignant à me soustraire. Aujourd'hui, j'ai décidé de passer le cap, de me raconter, au quotidien, de libérer cette parole contrainte... On verra bien. Me voilà donc, ici et maintenant.

22/06/2009

Un blanc



Dispersé, entraîné vers un autre lieu, malgré moi...

19/06/2009

Métaforik

Marcher sur le bord, résister au vertige, mieux, le regarder droit dans les yeux, sentir la vibration, sous le trouble.

Cinq terre


Connemara

17/06/2009

Reproche voilé




- Caillou !
- mmh...
- T'as pas aut' chose à faire ?
- mmh...

16/06/2009

Aussi soudain qu'inattendu




Une furieuse envie de danser.

(Bon, j'attends un peu, ça devrait passer.)

14/06/2009

Rapprochement



Mes mots sont aveugles, mes images sont muettes, leur rencontre provoque parfois une légère tension...

11/06/2009

Figure



La métaphore touche du doigt le voile qui masque le réel.

10/06/2009

Conscience



Mélange de sons et de couleurs, flux incessant de bruits et d'images, envahi, érodé jusqu'à la transparence, je me balance dans le vide, secoué dans tous les sens...

(Brouillon 20/10/2007)

09/06/2009

Commentaire


Je n'aime pas avoir le dernier mot.

08/06/2009

Mémoire



Je revisite les moments oubliés, ceux qui semblaient faire du sens avant d'échouer. Ici, aussi, je découvre des souvenirs qui ressemblent au temps qui passe...

Moma

J'aime me promener dans les musées, je l'ai déjà dit, on peut répéter. On est tous là, enfin réunis, les couleurs, les nations, les âges, les tailles et les poids, personne ne se voit et on s'entend très bien, on s'écarte, on se frôle, jamais une dispute, un mot plus haut que l'autre, une masse informe dont les particules en mouvement frottent et grincent. J'aime bien observer ce grouillement humain, oeuvre éphémère toujours bien exposée dans les grands musées...


Brouillon du 18 avril 2008

06/06/2009

Déficit




209 messages publiés, 269 restés dans les brouillons, ...

03/06/2009

Brouillé



Je suis encore là mais ne me souviens plus de ce que je suis censé faire...