14/04/2010

Anthropologie et pastilles au chocolat






Il est entré, pourquoi pas, après tout, il était devant. Immobile, il observa le mouvement perpétuel des frénétiques consommateurs. Il hésitait, dépit, désarroi, désappointement, il goûtait, de la langue, les subtiles nuances. Il resta pourtant, retenu par sa matière noire, s'agiter ainsi avec ses congénères lui coûtait, participer c'est déjà consentir, pensa-t-il.

Un inattendu le secoua, des propos enflammés, dans son dos :" C TRO BO, C Génial, C ... y'a pademo..." Il jeta un regard sur le corps de cette compatriote exaltée et reprit son esprit qui, mesquin, lui souffla :" tu vois, mon pauvre ami, tu cherches depuis des années à prouver l'unité du genre humain, et là, inopinément, surgit un contre exemple, mettant manifestement à bas ta noble hypothèse..."

En sortant, il voulut prendre une photo. Dès qu'ils le virent, ils firent, à son intention, une petite chorégraphie. Il sourit franchement, les remercia d'un grand geste amical et reprit espoir.


M'n'Ms, 1600 Broadway, New York, avril 2010

7 commentaires:

  1. Il est des entrées en moi, qui prennent, souvent, faut il le dire, par la langue de subtiles nuances, excusez moi.

    Le diable s'exhale avec assurance, sans qu'on lui demande rien. Si bien, si vite, et si fol de soif, que bien vite on renonce, à lui demander pourquoi.

    Eternel voyageur, que te demande tu vraiment enfin ?

    A regarder dans les les prunelles du vieillard, comment scintillent encore, celles de l'enfant lumière.

    Genre humain ? Ironie fantôme, ou se parle tout bas comme des puces, l'ensemble de tes mots comme dans un tube.

    Frissons, salutations et distinctions recherchées, par les couleurs sans doute, seules resistances à ce progrès blafard.

    Rire. Pour, ce qu'il reste.

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  2. Fish,
    Se mettre à la troisième personne situe le "je" à une bonne distance pour parler, on dirait. Il peut tout se permettre, Je ressent, quand Il l'écrit, le frisson de n'être plus tenu à toute la vérité. C'est un peu comme si Je ne touchait plus la terre. Pour l'instant Il s'accroche encore au rebord du réel, mais, peut-être, va-t-il m'entraîner au large ?

    Hop. (Il va falloir que tu ailles faire un tour vers là-bas, C tRO Bo, Tro Génial, Ya pademo :-))

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  3. Quelque chose de beau quand l'esprit et le corps sont en communion, qu'on s'emplit d'un creux ou la vie toute entière elle même nous emporte. Le monde va de lui même. Entre conscience et sensibilité, y a t'il une différence ? L'inconscient lui, tel que je le connais, est si froid, il voyage en travers la dimension de tout les possibles. Le temps d'y penser ici, j'ai déjà vieilli ailleurs, tendis que l'enfant que j'étais, m'imagine sans même m'appercevoir. Par quel escalator redescent-on ? Celui de droite j'imagine. A la même vitesse que celui qui monte ou pas ? Poesie.

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  4. Les mots gesticulent comme des vers, les doutes retiennent, les certitudes encombrent, la joie surgit dans l'oubli, dans le corps détaché.

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  5. "Hier, Je Suis est allé à la plage. L'humanité entière l'attendait, étalée, offerte à son regard. Tout le genre humain était bien représenté, grouillant... etc"

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  6. Fish,
    :-) Chaque fois que le corps est plongé dans la foule, l'esprit abandonne, et, au mieux, envoie des signaux de détresse.

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  7. Si tu vois mon coeur qui chavire, emporté par la houle, les bras tendus vers le désert, dis toi que je suis encore îvre, du souvenir de ton âme saoul.

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