07/02/2008

Ainsi...



Je n'ai jamais rien à dire. Que pourrais-je avoir à dire? Rien. Il n'y a rien à dire. Tout est dit. Les autres fourmillent d'idées, leurs mots s'écoulent à flots. Moi, je m'arrache la peau et les os pour trouver un peu de moi. Je suis désertique, caillou...



21 commentaires:

  1. Ecrire sur le rien, écrire sur le désert, c'est déjà un début.

    La lave du volcan s'écoulera bien un jour.

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  2. une fois �t�nature, sans sucre)
    au tout
    le superficiel
    et le superflu,
    que reste t il,
    rien vraiment ?
    ou peut �tre...
    le caillou nu.

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  3. Je me disais la même chose l'autre jour. Immobile et silencieux devant mon écran.

    La tv en fond sonore. Michel Serres parlait mais je n'entendais rien, ça ne m'interressait pas. Et puis cette phrase est sortie du bruit bien distincte :

    On a tous besoin d'un recit pour exister.

    Un sourire est venu s'accrocher au coin de ma bouche, je me suis levé pour aller me faire un café, j'étais léger.

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  4. Ce recit nous sommes en train de le faire tous ensemble. (en cas t'aurais oublié ;-)

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  5. bien d'accord avec fish
    tu n'as rien à dire on en est tous là, mais on le dit quand même

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  6. là, t'essaie de te faire du mal, hein? ;)

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  7. Il y a quelques jours, je me suis dit : "Quoi écrire puisque je n'ai rien à dire ?"...
    Et puis voilà, ce rien à dire est l'objet d'une discussion...
    Dans cette "nudité" nous sommes, nous disons....

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  8. Tsss (mais entièrement d'accord avec MM. Fishturn et Varna)

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  9. peut �tre consacres tu ton temps plus � "faire" qu'� "dire" ?
    quant aux soi disants riens qui n'ont rien � dire, ils sont souvent comme des catalyseurs, des d�clancheurs d'avalanches, d'eux naissent des nouveaux mondes, ils tracent des chemins hors des ornières ou osent les voies perdues, oubli�es
    AMHA, ils ont enfin trouver un moyen d'exister � travers la blogosph�re
    � nous d'ouvrir les yeux et les oreilles

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  10. Rien.
    Il est déjà tien si c'est ton rien. (Et donc si tu possèdes, c'est que "il y a quelque chose" pour toi, en plus de toi .... qui lui appartient).

    Et puis aussi "il y a quelque chose" puisque c'est entendu, puisqu'il y a des oreilles. ("Pourquoi y a -t-il quelque chose plutôt que rien" ? Ben, parce que tu m'écoutes, là ! Devine ... ;-))

    Enfin, nous avons des oreilles et la capacité de parler. Le rien se fait entendre et délie les langues.

    Moralité : "Au rien n'est impossible sinon d'échapper à l'échange."

    PS/ Euh ... je crois que je suis descendu en-deça de la vallée - voilà que je creuse à présent ! ;-)

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  11. ttttttt...
    Sachant que l'Etna est considéré comme l'un des volcan de la décennie...
    je dirais que tu mérites bien ce titre !

    ;)

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  12. Roberto Juarroz :

    "Du fond du rêve,
    comme un poing illuminé
    émergeant de la créature totalitaire endormie,
    surgit la volonté irrésistible
    de continuer la narration.

    Il ne s'agit pas de conter ceci ou cela,
    ni de copier ou de traduire
    ou d'enjôler le jour aux abois.
    Il s'agit d'une pulsion bien plus forte
    et qui ne peut s'interrompre :
    poursuivre simplementla narration.

    Narration qui n'a pas de début ni de fin,
    narration qui n'est pas un genre,
    qui ne lie pas une intrigue.
    Images qui coulent comme un fleuve,
    se prennent et se dessaisissent,
    étrange manière de dire et de dédire
    en arrière et en avant des choses.

    Volonté de poursuivre la narration,
    énergie éparse dans l'ici de partout,
    qui ne distingue pas les vies des morts
    ni l'homme d'autre chose.

    C'est l'histoire qui s'écoule tout au fond,
    l'histoire sans et avec l'histoire
    qui joint dans un bouquet délié
    l'arôme de l'être
    et le parfum du néant.

    Le service demandé à l'homme
    n'est que poursuite de la narration
    quel que soit l'argument.

    Et même sans aucun.

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  13. Toi et Fishturn, je savais que vous me comprendriez ;-) Mais bon, dans les jours à venir, je vais vous remonter tout ça, vous allez voir.
    (Non en fait, je n'en sais rien, je dis ça uniquement par résistance;-)

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  14. Sil,
    Je n’écris pas sur le rien, contrairement aux apparences. Je me débarrasse de moi, me dépouille de mes habits, de mes gestes, de mes pensées, pour naître à l’écriture.
    ( C’est la première fois que j’arrive à le dire, ensuite il faudra trouver quelque chose à écrire..., plus tard.
    C’est cette phrase “La lave du volcan s'écoulera bien un jour.” qui a permis cette mise à jour. Merci.

    Mijo,
    Cette réponse n’a pas grand chose à voir avec tes messages. Mais ils l’ont inspirée. Je ne sais pas ce que font les autres. Je ne sais pas ce qui les anime. Je ressens la nécessité de faire ou dire ce que je fais et dis. C’est une évidence, ça s’impose. à moi. Il n’y a pas d’alternative. Je ne peux m’empêcher de chercher sans avoir d’objet visé. Je ne cherche rien, mais je cherche, désespérément, comme s’il y avait quelque chose, mais je sais qu’il n’y a rien. Voilà, c’est exactement ça. Le texte posé par Varna dit la même chose, mieux, oui, je sais.-)

    Ami ou l’improbable,
    Une apparition, une ombre qui persiste sur la paroi, fais-tu partie du songe ?

    Fish,
    Te voilà revenu, enfin, tel qu’en toi même, comme il faut et doit.
    1) C’est bien le problème, quelle histoire ? des ragots, des péripéties, des aventures, des blagues ?
    2) Tu es toujours en avance sur moi ( un jour je te dirai d’autres trucs qui m’agacent ;-)).
    Bon, je te dis la suite : c’est Caillou qui prendra bientôt la parole, je l vais la lui abandonner, mais cette perte de contrôle m’inquiète, c’est un enfant, sans conscience. Lui va la raconter cette histoire, sans retenue, si je le laisse faire... J’arrive encore à le faire taire mais il grandit...

    wanchai,
    parle pour toi ;-)) ( je plaisante, ne te froisse pas )
    ( juste pour montrer qu’on aurait bien des choses à dire, celles qu’on pense par exemple, mais bon, comme on dit, on préfère me taire, sinon... on en dirait trop.) ( je déconne encore , bien sûr)

    Tarmine,
    On ne pas toujours laisser les mots parler à notre place.


    Katy,
    ;-))
    L’Etna, très étrange. L’ascencion ne présente pas de difficulté particulière. On ne peut atteindre le sommet qu’accompagné par un guide vulcanologue, en petit groupe. Il y a trois cratères, on n’a pu en approcher que deux, le troisième était trop actif. On est sur la lune. Au bord du cratère les fumerrolles t’aveuglent, les gaz t’étouffent, tu entends le bruit des entrailles, des blocs se détachent et s’enfoncent, les parois sont vertes, jaunes, ocres, noires, on ne voit pas le fond, on se retient les uns les autres par le haut du sac pour éviter la chute, résister à l’attirance du gouffre... on contourne le troisième cratère, puis on bascule sur l’autre face. La pente est importante, mais sans obstacle, et, dans la lave granuleuse, avalés par une monstrueuse dune noire, la descente se fait en courant, caillou dévalant ;-)).


    Varna,
    Ce texte a secoué. Chaque mot a cogné, à arracher les larmes. J’aime sa rugosité - direct, droit dans les yeux. Concession.: néant.
    Je te remercie, tu es un ami, aucun doute.
    ( même pas envie de faire le pitre, en rester là, savourer)

    Anonyme,
    ...un signe et je retrouve la parole ;-))

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  15. Pas le moral ?
    Vos mots pèsent des tonnes. Comme du graviers dans les veines.

    Un p'tit sourire, pour la route.

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  16. Tifenn,
    ( Merci pour ce sourire ;-)
    Ces mots ne m'appartiennent pas vraiment, ils font partie du tableau. Comment dire ? Ils sont du genre humain, ils disent de nous, donc de moi. En les écrivant, je les regarde en face et je m'interroge : d'où te viens donc l'idée que tu aurais quelque chose à dire ? parler, bavarder, papoter, blaguer, d'accord, mais dire ? La conséquence est claire, et cruelle : si tu n'as rien à dire, tais-toi donc un peu. Comme pour le reste, c'est la question des blogs qui est en jeu : que
    fait-on ici ? On se raconte des histoires, on invente du monde... Je continue (en vrac, comme ça traverse) : ce blog est la traduction de mes rêveries métaphysiques, elles reposent sur des lectures, des expériences, vos commentaires, c'est un archipel détaché de la terre habitée sur laquelle je vis de l'autre côté. Plus vos identités s'affirment, plus Caillou se personnalise, il ne connaît que vous. Bon, j'arrête... Dès qu'on le questionne, il parle. C'est peut-être ça, dire. Avoir quelqu'un qui te demande quelque chose...;-)))

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  17. Je me répète mais ... quand j'ai rien à dire je l'écris.

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  18. volcan puissant en dessous - toujours... immobile au dessus - souvent... grondant - rarement, si violemment !

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  19. melo ou l'art du double axel...

    Tyrane,
    Merci ;-)) j'ai les yeux qui pétillent. ( Beckett n'est pas étranger à cette radicalité, je le fréquente beaucoup en ce moment, l'affronte, le chope à la gorge, le secoue, le décortique, le démantibule, ne lui laisse aucune chance de s'en tirer : il sait quelque chose, il résiste , mais il finira par parler, par me le dire...)

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  20. Je n'ai pas de mot précieux à t'écrire Caillou, mais à sentir, chez Boronali (en fin de texte):La Mantra Gayatri.

    http://boronali.blogspot.com/2008/02/une-pomme-un-fer-repasser-et-21-grammes.html

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