01/06/2008

Hallucinatoire


Des fois, je fais écran, je réfléchis et la petite lumière bleue m'éclaire.


Le monde a basculé. Il est passé de la verticale à l'horizontale. L'image et l'instant en ont profité pour prendre le pouvoir.

La scène sur laquelle nous évoluons a changé (les écrans), le rapport au temps dans lequel nous nous inscrivons s'est transformé (ère du clic), mais notre condition ne change pas, on continue à s'attacher (aux autres) et à ne pouvoir s'échapper (de soi), les deux aliénations de base. Le texte est toujours le même, Sophocle et Shakespeare restent d'actualité.

(Le changement est à la marge mais on aime à penser qu'avant c'était différent (mieux) rassurez-vous, c'était pire. On vient du pire pour aller au pire, on est juste au milieu, l'homme et l'histoire du milieu coincident exactement, ne me demandez pas pourquoi.)

L'humanité a perdu son continent, reste une multitude d'ils, perdus dans la nature, libres et égaux, et ça fait flipper, vaut mieux rester chez soi, masqué derrière son écran.


(C'est Fishturn qui m'a obligé à dire ça, c'est lui qui tire les ficelles)

6 commentaires:

  1. S'attacher aux autres, aliénation? J'aime à penser que les molécules d'ADN s'enroulent les unes aux autres pour que naisse la vie. J'aime à penser que le "Aimez-vous les uns les autres" donne à l'humanité... une possibilité de "moins pire".
    A côté de la 'multitude d'ils", une présence d'elles...de l'autre côté du miroir, donc, une possibilité d'attachement tremplin pour le regard à la verticale.
    Mais, sauf la moitié, bien sûr: s'attacher mais non attacher.
    p.s. : aussi, j'ai pas d'arme à feu, faut donc bien que je m'évertue à l'aimer la vie et à 'l'honorer' avec de plus en plus force. :-)
    re p.s. : ce sont les oiseaux ce matin qui m'ont obligé à dire ça... c'est leur chant qui tire mes ficelles.
    Bonne vie, Caillou! non! Bonne vie à l'Homme de l'autre côté du miroir Caillou!

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  2. Un jour, j'ai décidé de ne plus m'attacher, alors je me suis enfermée. Quand je sors, je ne traîne pas, je regarde avec "détachement" et ai hâte d'être chez moi, derrière mon écran ou pas mais enfermée.

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  3. Bonjour Kintana,
    Ce n'est qu'un je d'écriture. Je dessine en noir mais il vit en rose. ;-))
    (être aliéné est ma folie préférée)

    Malvina,
    Moi, je m'attache et je sers les liens, fort, si fort que rien ne peut les détacher. Faut pas s'approcher ;-))

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  4. ouf! bon, Caillou! bon tout ça! moi aussi j'aime jouer... mais quand je connais les règles et parfois même quand je peux en jouer :-)
    Malvina? et si en fait, les humains n'avaient pas d'autre choix que de s'attacher, s'arrimer les uns aux autres?

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  5. C'est justement parce qu'on ne peut s'échapper de soi qu'on s'attache aux autres, non ? Seulement notre emprisonnement "égotique" fait fuir les autres... ce qui tendrait à nous enfermer encore plus. La boucle est bouclée...

    Clic, écran et clostro...

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  6. Tyrane,
    On ne peut s'échapper de soi et c'est tant mieux car ceux qui s'y essaient battent la campagne, perdus sur des chemins qui ne mènent nulle part. On s'attache aux autres pour résister au temps, une sécurité contre le grain, on est si fragile. On s'enferme tout seul, sans nécessité, l'instinct de propriété, une sale manie.

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