28/05/2008

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La conscience n'est que la distance entre le réel et l'être, un écart, une ombre portée, le défaut de la culture.

26/05/2008

n'import'koi



( texte supprimé par l'auteur )

24/05/2008

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Nous ne voyons du réel que le masque culturel que nous avons posé sur lui. Quand nous croisons son regard vide, nous nous troublons...

21/05/2008

Déjà vu ...

En vagabondant sans intention, on découvre de drôles de coïncidences... Elles nous arrêtent et nous signalent que le monde qu'on croyait ouvert et infini est limité et fermé, qu'on tourne toujours dans le même sens...
L'année dernière, je cultivais le décalage, je cherchais l'insolite, et insensiblement, je posais mon regard dans les coins, près des caniveaux, j'attrapais des images inattendues, je relevais sur les trottoirs, les murs, des signes oubliés, des traces invisibles... se retrouver nez à nez avec la même suite plusieurs mois après a déclenché une sensation étrange, une très légère stupeur.













Et, pourquoi, diantre, a-t-on allongé ces croix ?

(New York, 2007 et 2008)

patati et petipeton...

Bon, allez, encore une petite couche. Les nouveaux musées me mettent mal à l'aise. Ils sont jonchés d'obstacles conceptuels contre lesquels je me cogne. New York a son nouvel édifice sur Bowery, un cube blanc. Ne sont exposés que des artistes vivants d'avant-garde... Au premier étage, des petits formats colorés et rayés sur les murs immaculés, des variations inutiles et futiles, des motifs de toile cirée, de papier peint, le spectacle est dans la salle, le public, averti et bruyant, s'expose et déambule, ravi d'être au coeur de la création, du monde. J'ai marchouillé en les écoutant piailler, je n'ai pas regardé les échantillons laissés par le peintre.




Au deuxième étage, rien, ou si peu, le même espace, obscur cette fois, découpé par des cloisons peintes en noir. Des rayons lumineux projetés sur le sol dessinent des formes dont l'intensité et la couleur varient, des motifs de feuille traversent ces surfaces. Rien de bien palpitant, un minimalisme abstrait qui laisse pantois. Le contraste est étonnant. Le public se déplace en silence, évite soigneusement de marcher sur les rais colorés et se perd dans une contemplation vaine et absurde. Moi, j'ai mis les pieds dans l'oeuvre...



18/05/2008

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... emporté par l’élan, je descends dans le noir profond, je vois les ombres, les yeux d’enfant, les portes closes, les couloirs sans début ni fin... Envoûté, j’emprunte des passages secrets peuplés d’illusions, aveuglé par l'apparition du temps quand il prend l’apparence de l’ange. Sans passé, sans avenir, je retiens les instants d’éternité qui donnent le vertige. A l'abri, agenouillé dans le silence, je tisse les fils et dessine les motifs de la rencontre...

10/05/2008

Vous prendrez bien encore quelque chose ?

bon, l'art est bien vivant... et nous aussi. Mais ma promenade ne s'est pas arrêtée là... Il y a d'autres trucs qui ont retenu mon attention, accroché mon tourment, m'ont fait grimacer, ricaner et grincer des dents...

Dans la même salle, d'autres écrans agitaient leurs images.
Le premier m'a amusé. Comme ça durait des plombes, je vais vous raconter, enfin décrire les morceaux manquants... C'est l'histoire d'un type qui est chez lui (enfin, on imagine que c'est chez lui), c'est un sacré bricoleur, et il a soif. Alors, ni une ni deux, il sort tout un petit bouzin et construit un putain d'appareil à tirer les larmes. Ensuite, il met la télé, un programme à l'eau de rose, et il s'installe inconfortablemment pour en profiter au maximun. Arrive ce qui devait arriver, les glandes s'excitent et le liquide salé s'écoule. Chaque goutte suit un petit chemin sophistiqué avant de terminer sa course dans une tasse à café. Quand la coupe est pleine, il éteint la téle, prend la tasse et boit son petit breuvage.
Bon, et ben, en dehors du fait que ça fait les yeux rouges et donne l'air con et malheureux, ça m'a fait penser à un truc que les sociologues, d'autres fumistes, ont découvert un jour où ils s'emmerdaient : ça gêne personne de ravaler sa salive, mais si on la met dans un verre, c'est une autre affaire...



06/05/2008

Houla oups...

Les musées ont l'air inoffensifs, lisses et propres sur eux... Pourtant, c'est là qu'on peut rencontrer les déviants, déjantés, dérangés, démontés et autres dégénérés, ceux qui n'ont pas réussi à s'installer dans le monde tel qu'il leur était proposé, ceux qui sont incapables de suivre les règles, de respecter les lois, ceux qui transgressent, s'engagent, se mettent en jeu, sans mesure ni retenue, les subversifs sont regroupés là... A la marge des oeuvres aseptisées et digérées par le temps, on trouve matière au trouble, à la mise en questions, sans rien dire, l'artiste nous entraîne là où on n'a pas envie d'aller voir...



Ce film me titille depuis que je l'ai vu. Quelle est sa signification ? Je ne lis ni les notices ni les critiques, je me laisse bercer par ce qui m'accroche et me retient, je fais confiance à l'artiste. Son geste n'est pas trivial, marchand, il cherche, avec ses moyens, à me dire quelque chose d'essentiel, en douce. La première image qui s'est imposée est celle du contraste saisissant avec le plaisir du corps libéré jouant au hula hoop sur les plages dans les années soixante, ces visages rieurs aux coiffures encore sages qui se trémoussaient pour la première fois, la libération, la couleur... tout un imaginaire qui allait s'installer : il suffisait de faire tourner un cerceau autour de son ventre pour être libre, une révolution était en marche... que s'était-il donc passé depuis ces douces années insouciantes pour que le rêve se transforme en cauchemar ? Le corps est devenu le marqueur de la valeur, l'apparence a pris le dessus sur l'intention, ce cerceau de barbelés pouvait signifier la transformation du corps devenu objet de souffrance pour être beau, conforme. Sur un plan politique, la métaphore fonctionnait de la même manière, le passage d'un corps social joyeux et dynamique à un corps social souffrant et déprimé.
Je continuais à laisser ce mouvement me préoccuper. Et si ce film évoquait notre nouvelle condition, libres, bien portants, mais seuls, une illustration paroxystique du nombrilisme contemporain ? non, le propos était religieux, ces barbelés évoquent la couronne d'épines... Je tournais en rond, je m'agitais pour rien, je me faisais du mal à chercher en vain... voilà, c'était peut-être ça que l'artiste voulait me dire...

04/05/2008

à voir...


... à force de faire le pitre, de prendre la pose, ma perception s’est modifiée... Au début, je cherchais un décor dans lequel installer ma silhouette, progressivement mon champ visuel s’est agrandi, le tableau n’était plus l’unique objet, le centre. Le mur, le sol, les angles, la salle entière participaient au spectacle, à la présentation de l’oeuvre, devenue simple point d’acroche, singularité d'un espace plus vaste... J’ai aussi remarqué les perturbations, des variations suivant ma position, l’éclairage... mais l’élément déterminant qui transformait la scène était la présence d'autres visiteurs... j’étais perdu dans cette errance quand la statue a attiré mon attention. J’ai souri, sans raison, et j’ai laissé vagabonder ma fantaisie, imaginant l’intention de son auteur, était-ce un gardien récalcitrant ? l’illustration d’un spectateur nez collé à l'oeuvre détaillant sa facture? la représentation du Coin Tranquille, ou l’amère mise en scène de notre condition, fermé au monde, coincé la tête baissée, peut-être nous indiquait-il le dernier lieu pour échapper aux images, un geste politique ou alors, une manière de nous dire : il n’y a rien à voir, vous n’existez pas, je boude, l’art est une punition ... j'en étais là de mes amusements inutiles et essentiels quand un deuxième personnage est arrivé et s'est installé sur la scène, le tableau est devenu vivant, passionnant...le début d'une histoire...


Murs...

J'ai le regard attiré par les mots des villes. Cracovie était timide et délicate, New York est plus directe, éloquente aussi...



cover

03/05/2008

intimité acoustique


... la bande-son déroule ses notes. Dans cette vibration se nouent les liens, se dessinent les motifs de reconnaissance. La musique contre la paroi, nos têtes jouent les mêmes lignes, nous nous déplaçons en rythme... on écoute et on s'entend.

01/05/2008

Rothko n°1




Recette du travail artistique

1. être mortel (pressentiment)
2. sensualité (fondement)
3. tension (conflit ou désir)
4. ironie (ingrédient moderne)
5. esprit et jeu
6. éphémère et chance
7. espoir (10%, pour rendre le concept tragique supportable)


" Je mesure ces ingrédients très précautionneusement lorsque je fais un tableau."


Rothko était pas trop rigolo, mais il a dit, un jour, un truc qui m'amuse. Il avait été commissionné pour peindre une série de grandes toiles pour les murs d'un restaurant superchic à New York et apparemment, ça le gonflait méchamment : "j'ai accepté cette tâche comme un défi, avec des intentions rigoureusement malveillantes. J'espère peindre quelque chose qui détruira l'appétit de tous les fils de pute qui viennent manger dans cette salle."...

Rothko n°2




" Je ne suis pas un peintre abstrait. Je ne m'intéresse pas aux relations de couleur ou de forme ou quoi que ce soit d'autre. Je ne m'interresse qu'à l'expression des émotions humaines fondamentales -tragédie, mort, extase...- et le fait que beaucoup de gens s'effondrent lorsqu'ils sont confrontés à mes tableaux montre que je communique ces émotions humaines fondamentales. Ces personnes font la même expérience religieuse que celle que j'ai eue lorsque je les ai peints... Quand une foule de gens regarde une peinture, j'ai le sentiment d'un blasphème, je crois qu'une peinture ne peut communiquer qu'à des individus auxquels il arrive d'être en harmonie avec elle et avec l'artiste".

(J'ai lu ça après avoir fait le guignol au musée et ça m'a un peu troublé, quand même... Un détail important : ce n'est pas ma chevelure abondante qui descend en bouclant sur les épaules, c'est ma capuche pas fermée.)