05/01/2011

Bonjour Daniel



Cher Daniel,


Le temps ne s'écoule que pris dans la matière, c'est le réel qui lui donne sa forme achevée. 
Ce matin, ton commentaire, anonyme, attira mon attention, il venait d'arriver sur la page d'un blog abandonné depuis des années... Il était signé Daniel. Je ne connais de Daniel ni dehors ni dedans... Tu es arrivé donc là, va savoir comment, et, tapotant sur ton clavier, quelque part, tu as laissé cette trace, minuscule, invisible. Etonné par ton insolite présence, je suis resté sur la page et j'ai relu ce billet oublié et ses commentaires. J'ai souri et j'ai pensé que ça pourrait faire l'objet d'un billet.



Machine à remonter le temps :




(Bon, en fait, je connais des Daniels, mais ça ne peut pas être eux, ils sont trop sérieux pour fréquenter ces lieux de perdition...)

03/01/2011

Bis

Rome, décembre 2010


Il n'est pas exclu qu'un entraînement régulier ne permette pas d'augmenter sensiblement la résistance à la pesanteur.

02/01/2011

Hop

Rome, décembre 2010


Le temps se passe en nous et, inlassablement, nous tenons le compte : heures, mois et années. Apprendre à compter, c'est renoncer à la joie et à la peine infinies. Il reste alors, à notre portée, les instants dérobés, ceux pendant lesquels nous résistons à la gravité du monde et profitons de la légèreté de l'être. Je vous souhaite de les multiplier cette année.

12/12/2010

Paris, jardin des Tuileries, automne deux mille dix


During this time, virtual life goes on, here

11/11/2010

Simplet

Hier, 10 novembre 2010, comme ils comptent.


Le monde est à mes pieds, pas ailleurs. Bon... vais faire un tour.

06/11/2010

Good vibrations


Paris, MAM, novembre 2010

Je suis entré, le premier, j'étais venu tôt, très. J'ai cherché fébrilement, un peu, Hendrix sur l'Ipod, ai vissé les écouteurs,  poussé le son et remonté la capuche. J'étais prêt, fin, pour voir Jean Mimi. Parcouru par les deux éclairs, fulgurant, Waouh.

18/10/2010

Ah ?

Earth from airplane, 2009


Quand on s'approche de la lumière il faut se demander si on a affaire avec la vérité de l'être ou si c'est une simple vue de l'esprit. Les mots ne nous aident pas à faire la différence, ils auraient plutôt même tendance à brouiller les pistes.

26/08/2010

11/07/2010

Chambre sans vue

(chronique bancale d'une déchirure)

Absence prolongée due à la rupture d’une membrane.

La rétine s'est déchirée et un voile s'est matérialisé devant moi, un rideau de pluie fine et délicate, brouillard mettant le monde à distance, du mauvais sang, noir. 



Assis, immobile dans la pénombre, tête penchée, à gauche, j’ai entrepris un drôle de voyage.

Des bribes retenues pendant la traversée du passage à vide, poussières du temps accrochées sur mon pyjama.


Je se vit en modèle réduit.

En état d’arrestation. Se lever pour s’asseoir, condition unique du reste de l’homme.

La pensée, habituée à se complaire dans l’experte conjugaison du temps, se retrouve à bricoler avec les rouages du mécanisme.



La musique même donne la nausée. Sans rythme, elle ne promet plus rien, creuse le mauvais sillon.

Je garde les yeux clos et attends. Une attente sans objet. L'attente comme sujet de l'être.




Les mots, détachés du monde, ne collent plus à la chair. Ils gesticulent, articulent des figures inquiétantes. Dernier rempart contre le vide, ils brillent d’une nouvelle intensité, reflet de l'extrême fragilité.

Arracher les mots au bruit, les retenir et les tresser dans le silence.




Job : traîner la carcasse du lit au fauteuil, impatient des repas qui l’attendent à échéances régulières.

Je m’enfonce dans les après-midi, moiteur fade. Pris au piège, bras et jambes immobilisés par une force irrésistible qui me cloue, littéralement.

Les jours ont perdu leur nom, ils sont tous les mêmes, remplis d’heures lentes qui obstruent le cours des choses, devenues menaçantes.

Je navigue à marée basse.



J’ouvre l’oeil gauche de temps en temps pour vérifier que le monde persiste.

Je subis l’épreuve de la durée, passe du temps de l’action à celui, infini, de la suspension.

Je regarde à l’intérieur et vois l’autre visage du temps, immobile et terrifiant.



Je tire sur la corde du temps au risque de l’étouffement.

Aucun souvenir à retenir, à peine entamée, la journée s’effondre déjà, c’est la principale activité de l’esprit, la regarder s’écrouler et disparaître de la conscience...



Dans la vie, au quotidien, toilette, repas et sommeil font la part qui repose le corps, dans l'attente, on assiste à un renversement, ce sont les moments d'intense animation, l'essentiel de l'action. Ce qui est le plus étonnant, c'est la faculté d'adaptation à ces nouvelles conditions de détention. L'homme se soumet docilement à la contrainte et attend sagement l'heure de sa pâtée, en ce sens il n'est pas très éloigné du chat dont je constate, pour l'observer du coin de l'oeil, que nos vies se ressemblent maintenant...