04/10/2019

Aki qui ?


SHIMAZAKI
Une autrice japonaise qui vit au Canada et qui écrit en français. Il y a chez les écrivains qui s’aventurent dans une autre langue (elle a commencé à apprendre le français à 40 ans) une ambiance particulière, entre familiarité et étrangeté. Les implicites ne pas sont inscrits dans sa mémoire, nos lieux communs non plus. La traduction opère avant l’écriture, c’est troublant. Un charme singulier s’empare du lecteur francophone, sa langue maternelle parle depuis un ailleurs qui lui est inconnu.
Aki écrit des cycles de 5 petits récits. Dans chacun, le narrateur change. C'est subtil, elle opère des décalages dans le temps et dans l’espace. C’est une architecture très complexe, une composition florale, un art tout japonais, délicieux, oui.

 

Ben voyons






Cette nuit, je courais sur les sentiers de la Sainte victoire. J’étais léger comme dans mes meilleurs jours. Je sentais la stabilité de mon pied à chaque impact sur les cailloux, les muscles qui se contractaient pour lancer la foulée suivante. Un vent doux régulait ma température, j’avais le soleil dans le dos, j’exultais... Mais, subitement, j'ai réalisé que je n’avais pas le droit de courir, que cela m'était strictement interdit, pendant quatre mois. J’ai hésité un instant, arbitré entre «mais ça va là» et «non il ne faut pas» et je me suis mis à marcher. A ce moment précis, je me suis réveillé, le coeur palpitant, et j’ai réalisé que je rêvais ...

01/10/2019

Robe blanche


Certains livres ont l’air de vous attendre au tournant.
Celui-ci fait partie de ceux qui m’ont fait de l’oeil. Il était sur le présentoir, en hauteur, seul. Je l’ai attrapé, dubitatif (j’ai déjà tant à lire), ouvert, (P.O.L est attirant en soi), et j’ai appris que Nathalie avait écrit Les vies silencieuses de Samuel Beckett (probablement lu à mon époque «il n’y a que Sam qui compte»).
C’est un récit lumineux, une performance.  Je l’ai lu d’une  seule respiration.

30/09/2019

OUCH, Bim Bam boum




Trash, directe, vlan, ça dépote, ça grince, ça secoue, elle te tourne et te retourne, et au détour d'une page, elle scie tes vieilles branches, elle balance et tu tombes sur le cul, à la renverse, tes représentations bien pensantes s'en prennent plein la tronche, tu prends le gnon dans ta gueule et puis, avec la langue elle t'emballe, te gigote et tu te retrouves nu et groggy. C'est ça l'effet Despentes. Virginie elle est épatante.

A lire et à écouter, les couilles sur la table...
King Kong meuf






20/09/2019

Jamais deux sans trois



Après Eric Vuillard et Jérôme Ferrari, Laurent Gaudé. Tous les trois sont édités chez Actes Sud.  Ils se sont naturellement rapprochés, même génération (1968 -1968 -1972), et puis autre chose, difficile à définir... 

J’avais lu et aimé Le soleil à sa sortie, puis oublié l’auteur. Cet été un ami m’a prêté Salina. Il est resté pendant quatre mois dans mon sac de voyage (le livre, pas l'ami). Il y avait toujours autre chose à lire, je le gardais au cas où, un texte de secours. 

Ce n’est que cette semaine que je l’ai ouvert, sans désir, et puis j’ai été saisi, emporté. Gaudé invente une nouvelle mythologie, revisite les relations humaines en les transfigurant. Il faut lire Salina :))

Ensuite je suis allé chercher Tsongor, moins convainquant,  un mix du Roi Lear et des Mille et une nuits. 



17/09/2019

CCR

Notre mémoire contient des sons et des images. Celles de Woodstock sont rangées dans la case "1969". Il y a Ten Years After, Hendrix, Santana, Joe Cocker, ... les foules mi-nues, la boue, la pluie, ...
Et là, paf pif pouf, cinquante ans après, John se décide à sortir du bois, et, à la surprise générale, la mienne, je découvre que Creedence jouait à Woodstock, que leur prestation est leur meilleure en public.
- Ah bon, t'es sûr ?
- Ben oui.

Mon cerveau n’enregistre pas l’information, il refuse d’ouvrir la boîte 69 pour y glisser de nouvelles données.
C’est comme ça que nous fonctionnons, inquiétant, non ?


Vroum vroum


Là encore, j’ai traîné avant d’y aller, toujours la même réticence, “Le sermon de la chute de Rome”, un titre décourageant, et puis, le choc, des phrases sans fin qui  s’enroulent et donnent le vertige, une plongée dans la langue qui laisse songeur, un tour de force, en douceur. Et, chaque fois, peu importe le sujet, l’histoire, on retrouve la même intensité, la langue brûlante qui s’insinue, s’infiltre, s’immisce ...

Incandescent!!!  

 

16/09/2019

Joli prénom

J'ai longtemps boudé les romans français, je préférais la fréquentation des étrangers, japonais et américains en particulier. Paresseusement, j'associais les auteurs hexagonaux à leurs frères cinématographes que j'évite consciencieusement. J'avais tort. Je découvre, depuis l'année dernière, des auteurs dont les écrits m'enthousiasment et me charment. La langue, quand elle est pratiquée depuis sa source maternelle, est d'une richesse incomparable.

J'ai découvert Vuillard tard. Son écriture sèche, simple, directe, le choix de ses sujets, entre récit et document, sème le trouble, revisite le réel et démonte les idées toutes faites, les représentations dominantes. Remarquable, j'adore.

04/09/2019

Gag

Les questions ont toujours le dernier mot.

03/09/2019

Saison 3


Un grand silence, celui du temps suspendu entre deux vertiges. Les mots, comme la mer, suivent la volonté des astres.