20/09/2019

Jamais deux sans trois



Après Eric Vuillard et Jérôme Ferrari, Laurent Gaudé. Tous les trois sont édités chez Actes Sud.  Ils se sont naturellement rapprochés, même génération (1968 -1968 -1972), et puis autre chose, difficile à définir... 

J’avais lu et aimé Le soleil à sa sortie, puis oublié l’auteur. Cet été un ami m’a prêté Salina. Il est resté pendant quatre mois dans mon sac de voyage (le livre, pas l'ami). Il y avait toujours autre chose à lire, je le gardais au cas où, un texte de secours. 

Ce n’est que cette semaine que je l’ai ouvert, sans désir, et puis j’ai été saisi, emporté. Gaudé invente une nouvelle mythologie, revisite les relations humaines en les transfigurant. Il faut lire Salina :))

Ensuite je suis allé chercher Tsongor, moins convainquant,  un mix du Roi Lear et des Mille et une nuits. 



17/09/2019

CCR

Notre mémoire contient des sons et des images. Celles de Woodstock sont rangées dans la case "1969". Il y a Ten Years After, Hendrix, Santana, Joe Cocker, ... les foules mi-nues, la boue, la pluie, ...
Et là, paf pif pouf, cinquante ans après, John se décide à sortir du bois, et, à la surprise générale, la mienne, je découvre que Creedence jouait à Woodstock, que leur prestation est leur meilleure en public.
- Ah bon, t'es sûr ?
- Ben oui.

Mon cerveau n’enregistre pas l’information, il refuse d’ouvrir la boîte 69 pour y glisser de nouvelles données.
C’est comme ça que nous fonctionnons, inquiétant, non ?


Vroum vroum


Là encore, j’ai traîné avant d’y aller, toujours la même réticence, “Le sermon de la chute de Rome”, un titre décourageant, et puis, le choc, des phrases sans fin qui  s’enroulent et donnent le vertige, une plongée dans la langue qui laisse songeur, un tour de force, en douceur. Et, chaque fois, peu importe le sujet, l’histoire, on retrouve la même intensité, la langue brûlante qui s’insinue, s’infiltre, s’immisce ...

Incandescent!!!  

 

16/09/2019

Joli prénom

J'ai longtemps boudé les romans français, je préférais la fréquentation des étrangers, japonais et américains en particulier. Paresseusement, j'associais les auteurs hexagonaux à leurs frères cinématographes que j'évite consciencieusement. J'avais tort. Je découvre, depuis l'année dernière, des auteurs dont les écrits m'enthousiasment et me charment. La langue, quand elle est pratiquée depuis sa source maternelle, est d'une richesse incomparable.

J'ai découvert Vuillard tard. Son écriture sèche, simple, directe, le choix de ses sujets, entre récit et document, sème le trouble, revisite le réel et démonte les idées toutes faites, les représentations dominantes. Remarquable, j'adore.

04/09/2019

Gag

Les questions ont toujours le dernier mot.

03/09/2019

Saison 3


Un grand silence, celui du temps suspendu entre deux vertiges. Les mots, comme la mer, suivent la volonté des astres.



08/11/2017

Hum


J'ai passé une bonne partie de ma vie au service de l'Education Nationale.
Deux mots majuscules.

Education, le mot dit beaucoup de l'idée que l'on se fait de notre humanité, plus qu'un état, un devenir.
Il a l'air propre sur lui. Il se distingue du dressage qu'on réserve pour les animaux...

Cette séparation est-elle si pertinente ?

Si on accepte de déposer ses idées sur la question et de regarder le phénomène sans affect alors on découvre des similitudes troublantes.

Souvent le langage lui-même se laisse piéger quand il n'est pas sur ses gardes. Devant l'échec de l'éducation et du dressage, il ne s'embarrasse plus de voiles, d'un même trait il parle de rééduquer et de redresser.

S'il fait attention à cacher ses intentions en s'entourant de précautions, de fioritures (un ministère pose le socle indiscutable de sa légitimité), il se laisse déborder par d'anciennes pratiques restées dans le langage commun. Ainsi le mot "maître" s'applique tout aussi bien à l'éducateur qu'au dresseur. Il conserve aussi des traces de son passé peu glorieux s'attachant aussi à l'esclave.

Et là, on voit, sans ambigüité, se dessiner un motif identique, celui de l'acte et de sa volonté.
L'animal humain s'applique en toutes circonstances à exercer sa domination sur tous les animaux.

Je préconise que l'on remplace dorénavant le mot "éducation" par Accompagnement.
En cas d'égarement, on parlerait de réaccompagner, c'est doux, non ?


20/10/2017

Surprise




J'ai retrouvé les silences et les nuits étoilées. Ils ont quitté la ville pour se réfugier dans la montagne.

Parfois, lorsque nous marchons sur les hauts plateaux, le silence est si intense que nous chuchotons pour ne pas le déranger.

Dans les premiers jours,  la nuit, quand nous rentrions, nous marchions sur la route en nous éclairant à la lampe frontale. Maintenant, nous laissons la lune et les étoiles nous guider.








19/10/2017

Plis

Ce matin, j'ai suivi ma troisième leçon de Feldenkrais.

Il est question de porter son attention sur ses articulations, sa colonne, ses vertèbres, ses os, d'examiner les déplacements de son corps et d'en mesurer les effets.

Cette activité, bien qu'elle se déroule allongée et que la somme effective des mouvements pratiqués soit à peine visible, m'épuise.

Et, pour la première fois, j'ai touché du doigt et pris conscience de mon squelette.

C'est une expérience inattendue et assez désagréable. La plupart du temps, nous sommes ignorants de cet aspect des choses.

Voilà, c'est comme ça. En se repliant puis se en dépliant, on peut saisir l'imperceptible qui nous maintient debout.

15/10/2017

Reconstituant



L'être, au contact de la civilisation, s'est affaibli, il a appris à marcher au pas, à courber l'échine, à baisser le ton...

Ces mouvements sont l'effet d'un long et pénible dressage, l'enfant court et crie à la moindre occasion avant d'être mis au pli.

En se réveillant un matin sans plus avoir à tenir le rang, le corps est soudain attiré par l'appel de la forêt.

Ce n'est pas une vue de l'esprit, toutes les civilisations l'ont noté.