11/11/2010

Simplet

Hier, 10 novembre 2010, comme ils comptent.


Le monde est à mes pieds, pas ailleurs. Bon... vais faire un tour.

06/11/2010

Good vibrations


Paris, MAM, novembre 2010

Je suis entré, le premier, j'étais venu tôt, très. J'ai cherché fébrilement, un peu, Hendrix sur l'Ipod, ai vissé les écouteurs,  poussé le son et remonté la capuche. J'étais prêt, fin, pour voir Jean Mimi. Parcouru par les deux éclairs, fulgurant, Waouh.

18/10/2010

Ah ?

Earth from airplane, 2009


Quand on s'approche de la lumière il faut se demander si on a affaire avec la vérité de l'être ou si c'est une simple vue de l'esprit. Les mots ne nous aident pas à faire la différence, ils auraient plutôt même tendance à brouiller les pistes.

26/08/2010

11/07/2010

Chambre sans vue

(chronique bancale d'une déchirure)

Absence prolongée due à la rupture d’une membrane.

La rétine s'est déchirée et un voile s'est matérialisé devant moi, un rideau de pluie fine et délicate, brouillard mettant le monde à distance, du mauvais sang, noir. 



Assis, immobile dans la pénombre, tête penchée, à gauche, j’ai entrepris un drôle de voyage.

Des bribes retenues pendant la traversée du passage à vide, poussières du temps accrochées sur mon pyjama.


Je se vit en modèle réduit.

En état d’arrestation. Se lever pour s’asseoir, condition unique du reste de l’homme.

La pensée, habituée à se complaire dans l’experte conjugaison du temps, se retrouve à bricoler avec les rouages du mécanisme.



La musique même donne la nausée. Sans rythme, elle ne promet plus rien, creuse le mauvais sillon.

Je garde les yeux clos et attends. Une attente sans objet. L'attente comme sujet de l'être.




Les mots, détachés du monde, ne collent plus à la chair. Ils gesticulent, articulent des figures inquiétantes. Dernier rempart contre le vide, ils brillent d’une nouvelle intensité, reflet de l'extrême fragilité.

Arracher les mots au bruit, les retenir et les tresser dans le silence.




Job : traîner la carcasse du lit au fauteuil, impatient des repas qui l’attendent à échéances régulières.

Je m’enfonce dans les après-midi, moiteur fade. Pris au piège, bras et jambes immobilisés par une force irrésistible qui me cloue, littéralement.

Les jours ont perdu leur nom, ils sont tous les mêmes, remplis d’heures lentes qui obstruent le cours des choses, devenues menaçantes.

Je navigue à marée basse.



J’ouvre l’oeil gauche de temps en temps pour vérifier que le monde persiste.

Je subis l’épreuve de la durée, passe du temps de l’action à celui, infini, de la suspension.

Je regarde à l’intérieur et vois l’autre visage du temps, immobile et terrifiant.



Je tire sur la corde du temps au risque de l’étouffement.

Aucun souvenir à retenir, à peine entamée, la journée s’effondre déjà, c’est la principale activité de l’esprit, la regarder s’écrouler et disparaître de la conscience...



Dans la vie, au quotidien, toilette, repas et sommeil font la part qui repose le corps, dans l'attente, on assiste à un renversement, ce sont les moments d'intense animation, l'essentiel de l'action. Ce qui est le plus étonnant, c'est la faculté d'adaptation à ces nouvelles conditions de détention. L'homme se soumet docilement à la contrainte et attend sagement l'heure de sa pâtée, en ce sens il n'est pas très éloigné du chat dont je constate, pour l'observer du coin de l'oeil, que nos vies se ressemblent maintenant...


30/05/2010

Crise d'identité

(billet indigeste)


New York, Central Park, 2010



Le 25 décembre 2009, je tentais de décrypter les articulations de cette architecture. Le texte est resté dans les brouillons. Comme je ne trouve plus de passage, je le remonte aujourd'hui à la surface...

" Je suis passé de l'autre côté de l'écran... ça a pris du temps mais je n'ai rien senti. Je ne peux pas l'expliquer, un jour c'est mon image qui est devenue l'auteur, la perception de la réalité s'était inversée. Mon double, un silencieux de nature, encouragé par vos souffles, m'a rencontré et fait reculer les ombres... En reprenant le film image par image, on arrive à distinguer les étapes de la métamorphose.

1) Un des premiers billets. Je suis clairement dehors, je m'interroge sur le concept. Je cherche à en faire le tour. De me voir comme ça me fait sourire aujourd'hui, bien sûr.

2) Beaucoup plus tard, j'ai intuitivement perçu que quelque chose arrivait, qu'il fallait tenter l'aventure. Morceau par morceau, comme on teste la température de l'eau, j'ai passé le bras, la jambe pour voir...

3) Je découvrais alors que l'affaire ne se résoudrait pas par une simple gesticulation. L'être entier devait s'engager, prendre le risque de se laisser emporter, de s'éloigner de sa base.

4) C'était bien beau, mais l'écran offrait, je le découvrais, une résistance inattendue. Je ne le traverserais pas sans me transformer. Je devais quitter cette première forme et accepter d'abandonner celui que j'avais été.


6) Je n'allais pas rester derrière le miroir, une fois franchi l'écran. Il allait falloir partir sans repère dans un monde inconnu, mettre à distance cette identité qui retenait l'ancienne forme.

7) J'ai laissé mon Je se dissoudre, et, devenu langage, je suis parti à votre rencontre.

8) Le chemin fut plein d'embûches, de tourments, comment ne pas se perdre...

9) Malgré quelques effets secondaires, le tour était joué, j'existais bel et bien de l'autre côté.

10) .../...

Le reste est illisible. J'avais sûrement une intention, oubliée. Depuis, le passage sur Facebook a encore modifié les paramètres de mon système identitaire.



15/05/2010

Marina et moi



Je la connais depuis longtemps. elle ne le sait pas. Pourtant, son corps m’est familier.
Ce jour d’avril, j’entre, coupe la file, monte les marches et, oh oh, je la vois, là, à quelques pas, assise dans sa robe sang, immobile, impassible. Je ne retiens pas ma jubilation, je m’approche, la détaille, m’installe et l’observe...

Moma, avril 2010


Inconstant de nature, je me lasse vite et l’abandonne à son immobilité désespérée.

C’est une vieille adepte de la performance : être et s’exposer, une seule et même chose, fusion du sujet et de l’objet, du corps et de l’oeuvre. Elle ne se ménage pas, s’exhibe, se torture, nous entraînant, malgré nous, dans des expériences hallucinatoires.

Au dernier étage, une rétrospective remet en scène ses dispositifs, dérangeant...

Dans la première salle, un couple nu face à face dans le passage. Pour se rendre dans l’autre salle, il faut s’engager entre leurs corps, choisir un côté, frôler le sexe de l’homme ou les seins de la femme. Une fois l’épreuve surmontée, on découvre le corps nu d’un homme allongé sur une table, couvert d’un squelette. Dans la salle suivante, une femme nue, membres écartés, contre le mur, à mi hauteur...

En redescendant, je retourne voir Marina. Son masque s’est durci, son teint vire à la cire. Plus tard, dans l’après-midi, elle ressemble à la mort.

01/05/2010

Conversation

Broadway 1600, NYC, avril 2010


Collé à la fenêtre, il savourait l'agitation du monde devenu jouet silencieux et souriait en repensant à l'échange qu’ils avaient eu la veille sur le sens du mot “festif”. Elle soutenait qu’il était tout sauf festif. On pouvait au mieux le qualifier d’austère dans ses meilleurs jours, mais “festif”, non, jamais, le sens devait lui échapper. Elle insistait, demandait des preuves, des exemples à défaut. Il se défendait, mais avait dû admettre qu’il utilisait plutôt “festif” dans un sens métaphorique, assez éloigné, somme toute, du sens commun. Exaspérée, elle lui avait fait remarquer que les mots avaient un sens d’usage, et que ce sens permettait la communication. Il lui avait dit qu’il ne croyait pas à la communication au sens où elle l'entendait.

24/04/2010

Voyage



New York, avril 2010

Il collectionnait les joies minuscules comme d’autres les douces illusions. Quand il revenait, il ne racontait rien. Avant, il avait essayé, il s’agitait, les yeux, les mains, mais, insensiblement, devant les moues désabusées, il avait restreint puis éteint les manifestations de ses enthousiasmes enfantins. Comment expliquer qu’il venait de traverser l’Atlantique pour poser, un instant, son derrière dans le fauteuil d’un vieil hôtel de la vingt troisième rue ?


New York, avril 2010